21/06/2007
Philip Plisson au Parlement Européen
Le 14 Juin 2007, Philip Plisson était l’invité du Parlement Européen pour intervenir avec Christian Buchet devant la commission chargée de la pêche, pour une politique maritime de l’Union européenne. L'intervention de Philip Après 2 heures et demie de débat et d’interventions de hautes personnalités, parmi lesquelles le Commissaire Européen Joe Borg chargé de la mer et de la pêche, le Secrétaire d’Etat à la Mer portugais et prochain représentant de la Présidence du Parlement Luis Vieira, le représentant de la Présidence germanique, la parole a été donnée à Philip qui, dans un premier temps a remercié le Parlement pour son invitation. Mais il a été très ému de constater qu’aucun élu français n’était présent dans l’assemblée pour cette journée exceptionnellement consacrée à la mer ! Les Français et les Européens ne s'intéressent pas assez à la mer Philip a abordé plusieurs points qui lui sont chers sous forme de questions à la commission. Pour répondre aux propos du commissaire Borg, qui reprenait une étude qui prouve que les Européens ne s’intéressent pas assez à la mer, il a cité la phrase d’Eric Tabarly sur la France : "la mer pour les Français, c’est ce qu’ils ont dans le dos quand ils regardent la plage". Problème des équipages européens dans le transport maritime Philip s'interroge : "Pourquoi 70% des diplômés des écoles qui forment les officiers de Marine Marchande, ne sont plus dans le transport maritime après 5 à 7 ans de navigation ?" Les ressources et leur respect par les professionnels de la pêche "Comment se fait-il qu’aucune verbalisation ne soit faite dans les points de vente au détail ?" Le raisonnement est simple : un poissonnier verbalisé pour avoir vendu des espèces trop petites, grêlées (prêtes à pondre), ou hors du calendrier des pêches, ne renouvellera pas le lendemain le même type d’achat à son mareyeur ; le mareyeur de son côté aura des invendus, et devant cette situation n’acceptera plus d’acheter ces produits en criée ou aux pêcheurs. Les pêcheurs incapables de trouver un marché pour ces produits les rejetteront à la mer, ou ne les prélèveront plus. Ce raisonnement en cascade est du bon sens que connaissent bien les paysans de la terre, et cela n’a jamais pu être appliqué aux paysans de la mer… Améliorer les conditions en mer dans le monde de la pêche Philip a également fait remarquer que depuis plusieurs années on constatait l’influence de la Commission sur les équipements à terre, le transport, le respect de la chaîne du froid, mais que cette volonté d’améliorer la condition du monde de la pêche n’était pas aussi visible lorsqu’on parle des conditions en mer. Un Corps Européen de Gardes Côtes L’idée abordée par le Président Borg, sur un Corps Européen de Gardes Côtes lui paraissait très intéressante, voire indispensable. Le fait que la France soit réticente ou refuse d’ouvrir ce dossier a fait réagir Philip, qui a fait remarquer à l’assemblée qu’en France "seulement" 5 administrations gèrent la mer et le trait de côte !… "La Mer est la grande absente de l'éducation nationale" Enfin, Philip a noté que tous les orateurs qui ont pris la parole avant lui ont parlé d’un manque d’information, voire d’un manque de formation en Europe concernant le monde de la Mer. Philip propose : "pourquoi ne pas imposer à l’éducation nationale de chaque pays des programmes, des espaces et du temps pour la mer, car la constatation est identique aujourd’hui dans toute l’Europe : on ne parle pas de la mer dans les livres scolaires de nos enfants, de nos adolescents, ni de nos étudiants. La Mer est la grande absente de l’éducation nationale."
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